La Planète des Vülves, de Hugues Micol – éd. Les Requins Marteaux

Du sexe, enfin ! Et du bon. Du sexe qui ne se prend pas au sérieux – pas comme dans les mauvaises bandes dessinées pornos qui pullulent désormais, effet de mode oblige. Et du sexe esthétiquement superbe – pas comme les horreurs bâclées que certains n’ont même pas honte de signer. Après Aude Picault, qui avait inauguré la bien nommée collection « BD Cul » des Requins Marteaux avec sa bouillante Comtesse, c’est au tour d’Hugues Micol de mettre la main à la pâte (hummm…). Et quelle main. Le pinceau virtuose de Micol, sans conteste l’un de plus époustouflants du 9e art actuel, dégage une vigueur et une spontanéité renversantes. Son trait semble constamment en mouvement : visiblement, l’auteur s’amuse comme un fou, et son dessin n’en est que plus éclatant.

Comme toujours, il puise son inspiration dans la culture populaire, la bande dessinée ou le cinéma, mêlant science-fiction, décors de série Z et parodie de thriller futuriste. Dans un futur proche, il n’y a plus que des hommes sur Terre. Des astronautes, en mission pour trouver des femelles, débarquent alors sur une magnifique planète… bourrée de nymphes entreprenantes. Un scénario digne des meilleurs donc, qui révèle un Micol drôle à un point que l’on ne soupçonnait pas : même si son travail a toujours possédé une pointe d’humour, jamais il n’a semblé aussi relâché que dans cet exercice défoulant interdit aux mineurs. Pimenté par un sens inné de la réplique graveleuse, sans oublier une touche de nationalisme outrancier que ne renierait pas le Superdupont de Gotlib, La Planète des Vülves part dans tous les sens. Une fois encore, Hugues Micol excelle à mettre en scène ces bric-à-brac chaotiques où tout rappelle quelque chose. Mais où le résultat, lui, est unique, et animé par une indomptable énergie.

Pour ne rien gâcher, la maquette concoctée par Cizo, pompée aux illustrés pornographiques pas chers des années 1970, est aussi belle qu’hilarante. On attend avec impatience les prochains volumes de cette collection à lire les mains moites : Blutch, Nine Antico ou Killofer sont annoncés, ça va chauffer.

Novembre 2010, 144 pages, 11 euros. Interdit aux puceaux de –18 ans.

A LIRE > Du même auteur : Le Chien dans la vallée de Chambara.

Publicités
Cet article, publié dans BANDE DESSINEE, est tagué , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s